La démesure de Sotchi

La démesure de Sotchi

La Russie a accueillie cette année ses premiers Jeux Olympiques d’hiver. Pour cela, Poutine a vu grand et a voulu afficher la puissance économique de son pays aux yeux de tous. Toutefois, ces jeux font principalement état de la démesure russe.

Une montagne d’argent déboursée, mais des coûts environnementaux et humains également effarants

Après la période noire des années 1990, Vladimir Poutine a voulu remettre au goût du jour le sentiment de fierté patriotique de la Russie ainsi que renforcer sa popularité au sein de son peuple. C’est pourquoi il choisit comme lieu un endroit qui dépeint la beauté de son pays : le Parc olympique se situe sur les rives de la mer Noire, et à proximité du massif du Caucase. Cet endroit qui était auparavant un site naturel doté d’une flore et d’une faune très développées, s’est paré d’une large plaque de béton, au grand dam de ses habitants et de nombreux écologistes.

Ces jeux sont les plus chers de l’histoire de l’Olympisme : 37 milliards d’euros pour les infrastructures, soit 26 fois plus que les précédents jeux d’hiver à Vancouver. Cette dépense astronomique est principalement due au choix du lieu des Jeux : la zone la plus chaude de Russie. Il a ainsi fallu partir de rien pour construire les 11 sites olympiques, ce qui a engendré de nombreux coûts supplémentaires. De même, le nouvel aéroport, les deux gares, les 400 km de routes ainsi que les 70000 ouvriers employés ont continué à creuser ce gouffre financier. Toutefois, pour le premier adjoint au maire de Sotchi, « tout ce qui est construit aujourd’hui sera exploité après les J.O., croyez-moi, c’est un héritage ».

Les folies du Village

La singularité de ces Jeux réside également dans le Parc olympique de Sotchi : le Village. « Poutine World », un parc d’attraction, a été installé dans le village. Ce parc s’inspire de celui de Marne la Vallée, mais tente évidemment de s’en distinguer par ses montagnes russes. De même, malgré des a priori plutôt négatifs, les sportifs sont agréablement surpris par le village. Selon Jenni Hiirikoksi, (hockeyeuse de l’équipe finlandaise), «C’est mieux que ce je pensais (…), car en Russie, on ne sait jamais ce qu’on va trouver…».

Toutefois, il paraîtrait que pour certains journalistes, ce luxe ne soit pas au rendez-vous. Le chantier du village ayant pris du retard, ce sont dans des hôtels non terminés que ceux-ci sont accueillis. Eau jaunasse, pas de lumière ni de poignées de portes, des rideaux qui tombent… La face cachée du village n’en finit plus de faire rire la toile ! C’est toutefois le comportement des habitants du village qui nous intrigue le plus : la discipline reine y serait la drague par Tinder, l’application de géolocalisation par mobile !

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