Quand les présidents partent à la retraite

A l’heure où les dernières candidatures se font savoir, nos regards se tournent vers l’avenir, celui des pensions et compensations accordées aux présidents lorsque leur mandat est terminé. Une fois qu’ils ont dit adieu à leur poste de chef d’Etat, ‘’l’anonymat’’ de la vie d’homme politique offre tout de même la possibilité de conserver un porte-monnaie des plus convenables. Alors, président retraité : un métier ?

Qu’il fait bon de présider en France !

Lorsque le président sortant refuse de tenter de profiter pendant encore cinq ans des avantages qu’offre la fonction, ou bien que les électeurs lui ont gentiment montré la porte de sortie de l’Elysée, il continue à être chouchouté ! Chaque année, les ex-locataires de l’Elysée coûtent 10,3 millions d’euros à l’Etat. Après leurs services, ils se voient offrir pléthore d’avantages en nature : appartement de fonction meublé, voiture de fonction avec chauffeur, protection policière en tout temps et tout lieu, gratuité des transports (SNCF, Air France), logement offert dans les ambassades par-delà les frontières… A cela s’ajoute leur revenu mensuel : la retraite d’un président gravite aux alentours des 6000€ bruts mensuels.

Si la rue du Faubourg Saint Honoré assurait confort et luxe, c’est celle de Montpensier qui prodigue du réconfort. En tant que membres à vie du Conseil Constitutionnel, ils parviennent à toucher une rente mensuelle équivalente à 11000€. Après cinq (ou sept) années passées à l’Elysée, le titre disparaît, mais le train de vie demeure. Parmi les trois présidents, c’est le doyen du groupe qui revient le plus cher : 3,9 millions d’euros pour VGE, 3,30 pour Nicolas Sarkozy, et 2,40 pour Jacques Chirac. Les 700000€ restants sont des frais administratifs communs aux trois.

Si les citoyens s’insurgent devant les rémunérations des dirigeants des grandes entreprises, lorsqu’il s’agit des anciens chefs d’Etat, la pilule semble plutôt bien passer. 73% des Français estiment normales les compensations perçues par les anciens Présidents. Contrairement à ceux des PDG, les golden parachutes institutionnels seraient donc les bienvenus.

Mais les retraités de la République ont du souci à se faire : le décret proposé par François Hollande en octobre est en passe de faire ses premières victimes dès mai 2017. En jeu ? Une réduction des avantages en nature. Plus précisément une restriction des avantages à l’ex-président seul et non plus l’intégralité de son cercle familial. Malgré cela, les concernés peuvent tout de même dormir sur leurs deux oreilles : le décret ne prévoit pas de réduire la durée de siège au Conseil Constitutionnel. Désormais, pour s’envoler en première classe à Dubaï, il faudra mettre la main à la poche. Bref, un semblant d’abolition des privilèges au 21ème siècle.

 

Qu’en est-il autour du monde ?

Même au pays de la démesure le coût des anciens présidents n’atteint pas les sommets français. Aux Etats-Unis, la somme se monte à 3,9 millions de dollars, et pourtant les ex-POTUS sont au nombre de quatre ! Carter, Clinton ainsi que Bush père et fils ne touchent que la modique somme de 246000$ par an, et, officiellement, aucun avantage en nature, si ce n’est la protection à vie par les Secret Services.

Leurs homologues européens sont, eux, plutôt bien lotis. Au Royaume-Uni, les ex-Premier Ministres touchent pour retraite 50% de leur ancien salaire, soit plus de 70000£ annuellement, ainsi qu’un service de sécurité. Des chiffres relativement modestes lorsqu’ils sont comparés au train de vie de la famille royale : les frais de fonctionnement de la Couronne avoisinent les 50 millions de livres. En revanche, le Crown Estate, l’organisme chargé de gérer les biens immobiliers et fonciers de la Reine a rapporté 400 millions de livres, dont 85% seront reversés à l’Etat.

En Allemagne, la situation est plus paradoxale : ce n’est pas le chancelier qui se voit couvert d’or, mais le chef de l’Etat. Bien qu’occupant un poste essentiellement représentatif, il perçoit à vie une retraite équivalente à l’intégralité de son salaire, c’est-à-dire plus de 200 000€. De même, en Italie, les anciens présidents deviennent, après leur mandat, Sénateurs à vie, et bénéficient de tous les avantages attendus : salaire généreux (6000€), bureau, logement de fonction, chauffeur, protection….

Finalement, il semblerait que chaque citoyen soit en mesure d’aider à réduire le déficit de l’Etat, et cela simplement par son vote. Vous pouvez regarder au-delà des programmes politiques et promesses en tout genre,  et miser sur le candidat qui selon vous, aura la retraite la plus modeste !

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