Combien rapporte la chirurgie esthétique ?

La chirurgie esthétique est devenue un acte banalisé, allant de la star hollywoodienne jusqu’à votre voisine de palier. Il existe désormais de nombreux tours de passe passe afin d’obtenir le corps de ses rêves à moindre coût.

 

 

Un marché particulièrement profiteur qui ne cesse de croître

Bien que les premières opérations de chirurgie esthétique aient vu le jour il y a déjà 3000 ans chez les Egyptiens, il faut attendre le XXème siècle pour que cette discipline soit qualifiée d’utile et trouve une place respectable au sein de la médecine moderne. Les ravages de la guerre de 14-18 sont tels pour les gueules cassées qu’il faut développer ce secteur. Avant donc d’être une forme de médecine qui permet à l’individu lambda d’obtenir un fessier digne de Kim Kardashian, la doctrine voulait donner aux individus « the right to look human ».

Désormais, les opérations de chirurgie réparatrice diminuent au profit des opérations de chirurgie cosmétique. Au menu, rhinoplastie, liposuccion, augmentation mammaire, injection de botox…Le nombre d’opérations esthétiques a doublé au cours des dix dernières années, et culmine aujourd’hui à 18 millions d’opérations par an, selon une étude réalisée par l’ISPAS (International Society of Aesthetic Plastic Surgery).

En France, 50% des femmes se disent tentées par une opération chirurgicale, et ce chiffre tombe à 20% lorsque la question est adressée aux hommes. Le marché mondial de la chirurgie esthétique affiche une croissance annuelle de 8,5% et son chiffre d’affaires se somme à 7,5 milliards d’euros.

 

Se refaire une beauté à l’autre bout du monde à moitié prix

Palmiers, plages de sable fin, soleil, et en prime un nouveau nez, le tout à moindre coût ? Une offre alléchante, n’est-ce pas ? Alors laissez vous séduire par les tours opérateurs d’un nouveau genre, spécialisés dans le domaine du tourisme esthétique. Pour seulement 6000€, vous pourrez passer une semaine de rêve en Tunisie : piscine, buffet à volonté, spa et liposuccion all inclusive ; de même si vous souhaitez vous tourner vers des contrées plus lointaines, ils vous proposent pour 4500$ l’hôtel, le vol et un lifting en Afrique du Sud, ce qui vous aurait coûté plus du double au Royaume-Uni.

De quoi satisfaire les cinquantenaires qui pensent que leur vie de couple pourrait bénéficier de la main experte d’un chirurgien exotique.

Comment expliquer une telle différence de prix ? Aux paradis du bistouri, les coûts salariaux sont fortement réduits suite à une protection sociale inexistante, ainsi qu’une fluctuation des taux de change en faveur de la monnaie unique. Ainsi les marchés monétaires permettent à chacun d’obtenir le corps de ses rêves à prix cassé.

Si les Français se montrent tout de même réticents à l’idée de passer sous le scalpel (uniquement 156 000 opérations esthétiques ont eu lieu en 2016, dont la plupart, 68% sont qualifiées de mineures (rhinoplastie, liposuccion)), la vision est toute autre de l’autre côté du globe. La chirurgie esthétique est devenue une passion chinoise depuis les années 2000, à tel point qu’a été élue en 2014 la première Miss chirurgie esthétique, qui a gagné sa couronne à coup de botox et liposuccion.

« Peu importe de quoi j’avais l’air avant, peu importe les mesures que j’ai prises, maintenant je suis belle, je suis en bonne santé et pleine de confiance, c’est la chose la plus importante« .

Pour cela, Feng Qian est passée par tous les départements des cliniques esthétiques : débridage des yeux, allongement des jambes, réduction des hanches, réduction de la mâchoire, implants capillaires… Elle aurait dépensé plus de 120 000$ pour pouvoir obtenir son titre. La preuve que lorsqu’on aime, on ne compte pas !

 

Quand passerez vous sous le bistouri ?

Vaniteux les Français ? Pas tellement puisque la France ne se place qu’au 14ème rang des pays où les habitants pratiquent le plus de chirurgie esthétique (le top 3 étant formé sans surprise par les Etats-Unis, la Chine, puis enfin le Brésil).

Des méthodes beaucoup moins dispendieuses, ont donc vu le jour. Même si les progrès scientifiques sont tels qu’aujourd’hui les résultats sont loin des monstruosités résultant des opérations pratiquées dans les années 80-90, les désireux d’améliorer leur apparence trouvent désormais leur bonheur dans les opérations et soins cosmétiques qui ont pour but de restaurer les méfaits du temps sur le visage ou la silhouette. La demande pour les cosmétiques anti-âge est exponentielle et croît chaque année de 5,8%.

Il y a une stratégie de diversification des produits à usage cosmétique qui souhaite séduire le grand public. Pour les laboratoires, il s’agit d’une extension logique à leur activité. On parle alors de « Medecine like ». Les laboratoires tels que Pierre Fabre, la Roche Posay, ou encore Filorga s’allient aux fabricants de peelings pour se placer favorablement sur le marché porteur de la dermo-cosmétique grand public. Les perspectives de croissances sont en effet plus que positives : 11% de croissance annuelle depuis 2009, et ce chiffre devrait atteindre les 15% d’ici 2020.

Enfin, si jamais, comme 18,8% des patients, l’envie vous prend de débourser 3000€ pour une liposuccion, gardez à l’esprit que le nécessaire du sportif du dimanche peut s’acquérir pour la modique somme de 50€. Certes les résultats ne s’obtiendront pas en deux heures, mais votre porte monnaie vous dira merci…

 

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Un commentaire

  1. Arlette
    24/01/2017 at 11 h 18 min - Répondre

    Les prix sont moins cher en Belgique qu’en France, alors que la téléphonie est moins cher en France qu’en Belgique. Pourquoi? Aucune idée.
    J’ai subis une liposculpture et non une liposuccion à Bruxelles, et croyez moi ou pas, avec ou sans sport, il y a de la graisse qui ne part pas! Surtout avec l’âge. Merci au docteur Dombard :)

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