Interview d’André Malpel – L’avenir du trading

Interview d’André Malpel – L’avenir du trading

Depuis 1987, André Malpel est présent sur les marchés, et plus particulièrement sur celui des Futures. D’abord sur le pit à la criée, comme flasher-runner, puis comme négociateur, boxman, ensuite en salle des marché comme trader et enfin stratégiste, c’est en 1996 qu’il crée la société LIST, dont l’objet depuis lors est de conseiller stratégiquement la plupart des institutionnels de la place sur l’ensemble des marchés de Futures internationaux.

Malgré la crise boursière actuelle, les divers salons que vous organisez (Salon de l’analyse technique et Salon du trading dont la nouvelle édition se déroulera le 18 et 19 septembre) rencontrent un succès important. Comment expliquez-vous cette réussite ? A qui s’adresse ce salon ?

Pour être honnête, les choses ont radicalement évolué au fil du temps, car l’Analyse Technique, ainsi que son corollaire : le Trading, étaient très mal considérées, il y a encore une quinzaine d’années.

L’objet des ces salons, et le but poursuivi lors de leur création en mars 2000 (déjà 10 ans !), étaient alors de permettre au grand public, tout comme aux professionnels (25% de notre visitorat), de mieux comprendre ce qui constitue l’Analyse Technique, ce qu’elle est capable d’apporter aux investisseurs, et également ce qu’elle ne peut en aucune manière résoudre. Beaucoup de personnes nous considéraient à tort comme des sortes de «Madame Irma, ou Madame Soleil», capable de prédire l’avenir en lisant dans le marc de café. Soyons très clairs sur ce point : personne ne peut sérieusement prétendre prévoir le futur ! C’est une absurdité, et ce n’est certainement pas l’objectif de l’Analyse Technique. Celle-ci en effet, présume, émet des hypothèses, établit des diagnostics voire anticipe un certain nombre de possibilités basées sur des probabilités tirées du comportement des intervenants, illustrés eux-mêmes par le graphique des prix. … mais en aucun cas ne prédit l’avenir. Elle permet surtout de repérer des situations favorables (c’est à dire faiblement risquées, et hautement rémunératrices), sur lesquels on peut échafauder des scénarii qui, via un certain nombre de règles de trading, ont de plus grandes probabilités de réussir.

Ce sont ces éléments que nous avons dès le début voulu mettre en avant et présenter au public, lors de ces manifestations. Dans ce cadre, nous avons donc mis l’accent sur les conférences, qui à la différence des autres salons, ne sont pas des présentations commerciales, mais de vrais séminaires d’une heure, avec un vrai contenu pédagogique. Partant de là, le succès ne s’est pas fait attendre, comme le salon est entièrement gratuit : entrée et conférences, devenant ainsi le lieu idéal pour tous ceux qu’ils veulent apprendre à gagner sur les marchés boursiers de toutes sortes : Actions, Forex, Futures, CFDs …

Votre société a quel type de clients ?

Les principales salles de marchés parisiennes constituent en grande majorité mes clients, avec dans ce cadre, soit : le desk entier de la banque, soit : un seul trader qui privilégie alors la discrétion. Je compte ainsi une cinquantaine de clients, abonnés pour une durée minimum de 6 mois, et pour certains depuis plus de 10 ans. Chaque soir 12 marchés de Futures internationaux sont analysés, dont : le Cac, le Dax, Le Bund, l’EuroStoxx 50, le E-mini S&P, E-mini Nasdaq ….

Evidemment, je suis aussi le créateur et responsable de l’agence IAT, qui organise chaque année le Salon de l’Analyse Technique, en mars à l’Espace Pierre Cardin, et le Salon du Trading en septembre à l’Espace Champerret.

Mostafa BELKHAYATE (un des meilleurs gérants fond-or) considère que les day-traders doivent se détourner des marchés actions pour privilégier le Forex et les commodities jugés plus rentables. Quel est votre sentiment sur ce sujet ? Sur quels instruments (turbos, warrants, cfd …) doivent se positionner les day-traders ?

Un tiers de mes revenus est constitué du Trading pour compte propre que je pratique uniquement sur les Futures. J’ai été élevé tout jeune, en 1987, et pratiquement à leur début, au biberon des Marchés à Terme (Matif / Futures), qui venaient d’être créés en France par Pierre Bérégovoy en 1986. Dans ce cadre, je suis évidemment très favorable aux Futures.

Il ne faut néanmoins rejeter aucun marché à l’avance. Chaque classe d’actifs dispose d’atouts, et correspond à une situation ou à un profil particulier. Dans le cas contraire, tel ou tel produit, supplanté par tel autre, serait évidemment appelé à disparaître.

Forex, Futures, Turbos, Warrants, Options ou CFDs … ont chacun des avantages et des inconvénients, pour soit couvrir une position, soit spéculer. Veuillez toutefois noter que ce qui est le plus important à chaque fois, ce n’est pas le véhicule que vous avez choisi, mais surtout la route que vous aurez définie, qui vous mènera à bon port. Ceci se fera certes, plus ou moins vite, mais si vous êtes dans la mauvaise direction, quelque soit le produit employé, vous subirez une perte.

De sorte que pour pratiquer le day-trading, mon conseil serait avant tout de vous entraîner d’abord sur des petits montants, avec un effet de levier quasi nul, voire inexitant, avant d’enfourcher une fusée.

Vous réalisez des scenarii possibles suivant vos analyses techniques, comment leur donnez-vous une probabilité plus ou moins grande ? Est-ce que vous vous aidez de l’actualité ou de l’analyse fondamentale pour déterminer ces probabilités ?

Je suis un trader discrétionnaire. Par essence, comme indiqué ci-dessus, cela signifie une sorte d’artiste, sans préjuger du caractère péjoratif de ce terme. Dans ce cadre, mes interventions relèvent plus du jugement personnel que de paramètres prédéfinis, même si un cadre général, de pertes et de gestion de mes positions, est évidemment toujours fixé à l’avance.

Je n’utilise aucune analyse fondamentale. J’entends par là : aucun raisonnement économique, ou déduction sur la valorisation d’un actif financier. En revanche, comme tout le monde, je réagis évidemment aux annonces, nouvelles, catastrophes … de toutes sortes. Le news, ne constituent pas une analyse fondamentale en elle-même, mais la réaction du marché vis à vis de l’actualité immédiate peut être mise à profit pour entrer ou sortir du marché. Au terme de quelques jours, l’absence de réaction, ou bien de réaction positive, vis à vis d’une nouvelle favorable (et inversement) est un signe de faiblesse, et peut s’interpréter comme la fin prochaine de la hausse.

En matière de Trading, il y a trois grandes familles de règles :

– D’une part celles qui recouvrent le bien-être et les qualités du trader lui-même, définies par les règles et attitudes psychologiques entourant la personnalité de chacun.

– Ensuite les règles relevant de la gestion du capital, ou money management, principalement constituées en fonction de la taille de chaque position et comment celle-ci évolue en fonction des résultats.

– Enfin les règles de gestion du risque, ou risk management, qui concernent : les règles d’intervention, de gestion de la position dès que celle-ci est prise, puis de sortie en perte ou gain selon le cas. C’est dans le cadre de la gestion du risque, que se pose le problème des probabilités … et peuvent alors influencer également la gestion du capital et la taille de la position.

Pour un trader systématique, le problème ne se pose pas vraiment. Une fois acquis, ou «réalisé – testé» son système, il n’a plus qu’à obéir. Il doit prendre toutes les positions sans exception que celui-ci lui indiquera, sans rien faire varier, au risque sinon de vicier/modifier les résultats statistiques attendus.

Pour un trader discrétionnaire comme je le pratique, les règles de probabilités telles que je les applique dérivent directement de la méthode que j’emploie. Outre la règle des 2% maxi de risque de perte sur chaque position (et plutôt 0.8%) relative au montant total de mon portefeuille, de même qu’au niveau d’allocation d’actif de 10% maximum sur un seul marché, je fais ensuite varier, le nombre de lots (attention, je suis sur les Futures, type : FCE), en fonction de l’accélération ou du type de mouvement dans lequel j’envisage que l’on se trouve. Sans trop détailler, j’utilise surtout les vagues d’Elliott pour prendre position. Si par exemple, ma position est de 10 lots en vague 1, elle augmentera jusqu’à 15 en vague 3, et se réduira à 6 en vague 5, sachant en outre que si j’interviens sur une vague de correction (vague 2 ou vague 4), ce qui est très rare, le nombre de lots sera radicalement réduit à 3 et 2 lots.

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Un commentaire

  1. Forex
    22/07/2010 at 23 h 50 min - Répondre

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