Jack Daniel’s : Comment un homme est devenu une marque mondiale

Avant ce whisky, il y avait un homme, simple et modeste. Une enfance difficile, rapidement devenu distillateur, il n’a cessé de vouloir rendre son Jack unique. « Ce n’est pas un scotch, ni un bourbon. C’est un Jack ». Cette célèbre punchline est aussi la devise de la marque depuis le début, qui lui a permis au fil des décennies de s’imposer en tant que whisky le plus connu au monde.

Mythes et légendes

La légende qui s’est formée autour de Jack Daniel et de son existence provient très probablement du fait que l’on sait très peu de choses sur cette dernière. De son enfance jusqu’à sa mort, plusieurs mystères entourent ce personnage. On ne sait pas sa date de naissance exacte pour commencer, les registres de la ville où il naquit ayant brûlé ; on pense cependant qu’il vint au monde en 1860. Il fut élevé dans le Tennessee par un couple (Dan Call et Mary Jane) d’amis de ses parents biologiques. Dan Call était pasteur, épicier et distillateur (comme quoi prêcher la parole de Dieu et vendre du whisky sont deux activités compatibles, voire complémentaires…). Certains prétendent que c’est lui qui lui inculqua son savoir-faire, mais nous verrons que même ce point reste dans l’ombre. Il lui légua sa distillerie alors que le jeune Jack n’avait que 13 ans. Il obtint son permis d’opération à 19 ans et ouvrit alors la distillerie qui fut la première légale aux Etats-Unis.

Il tenta de rendre son whisky unique tant par la manière de le distiller que par le goût que cela lui procurait. Il faut savoir que la distillerie Jack Daniel’s se trouve tout proche d’une source dont l’eau est particulièrement pure, et surtout dépourvue de fer. Cette source d’eau fut d’une grande importance pour Jack Daniel. 142 ans plus tard, elle est encore utilisée par la distillerie pour la production de ce whisky. Qui l’eût cru : le point fort du Jack c’est de l’eau. Sa maturation lui est aussi bien particulière, consistant à filtrer goutte par goutte l’alcool à travers une couche de charbon d’érable épaisse de trois mètres, et c’est ce procédé qui lui vaut l’appellation de Tennessee whisky et non de Bourbon. Il est alors stocké dans des fûts en chêne blanc préalablement flambés à l’intérieur, qui lui donnera sa couleur ambrée et son arôme si particulier : moelleux, onctueux, une saveur et une langueur en bouche incomparable. Un produit qui conviendra autant aux fins connaisseurs qu’aux vrais ivrognes.

Il voulut également distinguer son whisky par le marketing de sa bouteille. La forme ronde des bouteilles dans lesquelles il le vendait ne le satisfaisait pas, et définitivement, ce qui permit l’explosion de la marque fut sa décision en 1895 d’en faire des bouteilles carrées. Il y eut de nombreuses suppositions à propos du mystérieux chiffre 7 inscrit dessus. Certains disaient que c’était le numéro d’affrètement inscrit sur ses fûts, d’autres disaient que Jack Daniel avait eu 7 petites amies (ne s’étant d’ailleurs jamais marié), ou encore parce qu’il écrivait son « J » comme un « 7 » quand il était saoul, ou tout simplement parce que c’était un chiffre porte-bonheur. Ce bon vieux Jack Daniel est le seul à en connaître la vraie raison.

Un mystère subsiste également quant à ce qui lui coûta la vie. Jack Daniel succomba d’une gangrène en 1911. Une histoire s’est répandue selon laquelle il arriva à son bureau très tôt un matin, voulant ouvrir son coffre-fort, en vain car il avait oublié son code. N’ayant pas le temps de niaiser, il donna un coup de pied dans le coffre-fort si fort qu’il s’en fractura le pouce. La plaie s’infecta, la gangrène le tua par la suite. Une mort stupide qui n’enleva rien au génie du personnage.

La France, plus grand consommateur de whisky par habitant au monde !

Avant toute chose, notre cher Jack Daniel’s est le whisky le plus connu par les gens qui en boivent. Il est présent dans 76 % des réponses des personnes questionnées, quand Clan Campbell atteint 56%, loin devant Label 5 et Balantine’s (40 %), William Lawson’s (30 %), Grants (28 %) ou encore Chivas (22 %). Ces deux whiskys (Clan Campbell et Jack Daniel’s) sont d’ailleurs les plus présents en termes de produits dérivés : contrat de production avec Coca-Cola, mugs, t-shirts, coques de téléphone, godemichets, et j’en passe. Les boutiques de souvenirs et les vendeurs à la sauvette en ont fait un véritable marché. Depuis janvier 2017, Jack Daniel’s se lance dans le café aromatisé au whisky (quand on n’a plus d’idées …), vous pourrez compter 6,50€ pour 40g et 20€ la grosse boîte de 250g.

À raison de 2,15 litres par habitant chaque année, la France est championne du monde de la consommation de whisky, devant l’Uruguay (1,77 L/hab), les États-Unis (1,41), l’Australie (1,3), les Emirats Arabes Unis (1,27), et même le Royaume-Uni et l’Irlande (1,24) ! (Source: Le Figaro). Près de 140 millions de litres de whisky, soit l’équivalent de 45 piscines olympiques, ont été bus en France en 2014. Au pays du vin, le whisky est le roi des alcools forts. Scotch, Bourbon, Rye ou japonais, ce spiritueux est le plus bu dans l’hexagone. Il devance de très loin le pastis et autres anisés, la vodka ou les rhums blancs. Près de 80% des spiritueux écoulés en France sont achetés en grande surface. Il représente 38,7% de la consommation totale de spiritueux dans le pays. Le chiffre d’affaires des spiritueux dans la grande distribution s’est élevé à 4,46 Mds € en 2014, en hausse de 1% en un an. Près de la moitié (46,9%) a été généré par les ventes de whisky (2,09 milliards d’euros).

                   Comme je vous l’avait dit précédemment, certains prétendent que ce n’est pas Dan Call (son père adoptif) qui a apprit à Jack comment distiller son sky. Ce serait un esclave noir qui travaillait à la distillerie qui a enseigné comment distiller à l’homme qui a donné son nom au whisky qui représente aujourd’hui le mieux l’Amérique sudiste.

 

 

 

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