La Redoute : 1178 suppressions d’emplois

La Redoute : 1178 suppressions d’emplois

Les dirigeants du pilier français du linge de maison et de l’habillement se sont réunis jeudi matin pour décider de l’avenir de l’entreprise. Cela a pour conséquences la suppression de 1350 postes ; ce plan prendra fin en 2017.

La Redoute a été fondée en 1837 par Jean Pollet à Roubaix. C’est actuellement la 1ère plateforme d’achats d’habillement et de décorations en France. Depuis 1994, La Redoute appartient à la maison mère RedCats qui elle-même appartient au leader français Kering (ancien PPR – Pinault Printemps Redoute). Faisons une rétrospective : c’était le 4 décembre 2013, La Redoute a été cédé aux dirigeants du groupe Kering, Nathalie Balla (PDG de La Redoute) et Eric Courteille (secrétaire général de Redcasts), pour la somme symbolique de 1 euro ; le changement se fera officiellement mi-avril. Son chiffre d’affaires dépasse les 1,1 milliards d’euros dont 840 millions sont réalisés dans l’hexagone. L’entreprise originaire de Roubaix est actuellement présente dans 25 pays.

Cet acteur historique de la vente à distance, actuellement en difficultés, n’a pas pu éviter le plan social. L’entreprise va licencier en 4 ans pas moins d’un tiers des effectifs globaux (34% pour être précise) – 1178 sur 3437 (dont 2656 postes en France). En parallèle de ces licenciements, le groupe bénéficie d’une recapitalisation de 315 millions d’euros faite par le groupe Kering répartis comme tels : 50 millions pour la création d’un outil logistique (pour atteindre l’objectif du nombre de collections et se focaliser sur le Webmarketing) et 30 pour l’investissement informatique. Cette somme couvrira les investissements, les pertes et l’exploitation des deux sociétés.

Néanmoins, ce plan social est moins sévère que celui de 2008. Ce plan récent va surtout faire appel à des départs en pré-retraite ou des départs volontaires avec une somme compensatoire afin de réduire le nombre de départs forcés (qui étaient de 672 après le plan de 2008). Cela va dans le sens des dirigeants qui souhaitent limiter autant que possible les licenciements secs. Cette mesure vise à assurer la prospérité de l’entreprise, surtout pour sa plateforme en ligne, en fidélisant sa part de marché. Le plan tend aussi à redynamiser l’offre (en renouvelant ses collections, avec un chiffre espéré d’au moins dix collections par an et un taux de renouvellement à 85% – contre 8 collections à 50% à l’heure actuelle) et le niveau de services (en réduisant les délais de préparation à 2 heures contre un jour et demi actuellement). La réforme de 2008 avait déjà augmenté le nombre de collections et avait eu un effet bénéfique sur le chiffre d’affaires. L’objectif actuel de la marque est de devenir  incontournable sur la toile en matière de mode ; ils possèdent à l’heure actuelle 40% des cyberacheteurs dans leur domaine.

Ce plan de sauvetage concerne à moindre échelle l’entreprise Relais Colis. Il prévoit le licenciement de 172 postes sur les 569 salariés initiaux, soit 30% de salariés menacés.

Les syndicats n’ont toujours pas réagi face à cette mesure de La Redoute. Cependant, même si la mesure est moins restrictive qu’il y a 6 ans, on peut s’attendre à des revendications dans les prochains jours.

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