Les pubs se multiplient à l’heure actuelle sur les traders avec beaucoup d’humour car l’opinion publique les juge en partie responsable de la crise financière actuelle. Volkswagen et Bic ont réalisé des spots publicitaires sur le modèle du clip chorale USA for Africa initié par le regretté Michael Jackson. Volkswagen utilise par exemple le slogan suivant : «En temps de crise, mieux vaut se tourner vers les valeurs sûres.», mais les banques considèrent-elles aussi que les traders ne sont plus des valeurs sûres ?
L’avènement des super calculateurs
A l’heure actuelle, nous voyons dans la plupart des grandes banques, des algorithmes mathématiques se développer et se perfectionner pour se substituer aux traders dans certaines occasions. En effet, ces ordinateurs sont d’après ces grandes banques, plus rentables en période de forte volatilité. Ces systèmes dénués d’affect au contraire des traders, sont très efficaces pendant différentes phases du marché : un suivi de tendance, pendant les phases de consolidation et enfin les phases de forte volatilité.
Ces logiciels peuvent gérer jusqu’à plusieurs milliers d’ordres dans des phases d’hyper volatilité où même les traders les plus expérimentés ne peuvent qu’assurer une cinquantaine d’ordres au maximum sur une dizaine d’écrans. Cependant ce n’est pas seulement leur réaction face à des périodes dites de forte volatilité qui est sujette à caution mais leur volonté historique de spéculation sur tous les marchés, y compris les marchés énergétiques.
Le retour des traders fous
Lorsque le pétrole a dépassé les 73 dollars en Asie le 30 juin avant de perdre 10 % dans les 48 heures suivantes, la raison de cette forte hausse a tout d’abord été imputée au renouvellement des stocks stratégiques de la chine et au sabotage des pipelines faits par les rebelles au Nigeria. Mais cette version a été contredite par la suite, cette hausse spectaculaire serait en fait le résultat d’ordres passés accidentellement par un courtier londonien de PVM Oil Associates. Il aurait passé des paris erronés sur le marché du pétrole, plus de 16 millions de contrats de Brent ont été échangés en une demi-heure ce jour-là tirant vers le haut le prix du Brent de plus de 1,50 dollar à plus de 73 dollars. Gary Gensler, le nouveau patron de la Commodity Futures Trading Commission (gendarme américain sur les dérivés) en a profité pour se prononcer pour l’élargissement de la législation imposée aux produits agricoles à tous les dérivés énergétiques y compris sur le marché OTC (de gré à gré) afin de diminuer la spéculation sur le marché énergétique. Steve Perkins aurait donc seul sans l’aval de sa hiérarchie pris des positions non autorisées et illégales mais il n’est pas le seul trader à avoir été licencié récemment. Début mai, un trader de Morgan Stanley aurait soi-disant pris des positions illégales après avoir arrosé un petit peu trop un repas d’affaires. Peut-on vraiment prendre au sérieux ces deux évènements ou s’agit-il de la part de certaines banques de se décharger sur les traders en cette période où vraiment ils ne disposent pas d’une grande popularité ?





